Formation Feedback à la Grande Epicerie de Passy
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Vos meilleurs éléments ne partent pas pour l'argent. Ils partent parce que personne ne leur dit merci.

C'est la bonne nouvelle et la mauvaise nouvelle. La bonne : augmenter les salaires n'est pas la seule carte pour garder ses équipes. La mauvaise : si vos collaborateurs partent, c'est probablement de votre faute — enfin, de celle de votre culture managériale.

Les chiffres sont sans appel :

  • 57 % des salariés quittent leur poste à cause de leur manager, pas de leur fiche de paie (étude DDI, 2025).
  • 43 % des salariés envisagent de partir à cause d'un manque de reconnaissance ou d'un manque de perspectives d'évolution (Deloitte, 2023).
  • 72 % des salariés qui se sentent reconnus se projettent encore dans leur entreprise à 3 ans. Ils ne sont que 28 % chez ceux qui ne se sentent pas reconnus (Great Place to Work, 2024).
  • En France, seuls 56 % des salariés estiment que leurs efforts sont reconnus à leur juste valeur — contre 72 % au Royaume-Uni et 75 % en Allemagne (Haut-Commissariat au Plan, 2023).

Traduction : vos collaborateurs ne comparent pas votre grille salariale à celle du concurrent d'en face. Ils comparent l'ambiance. Le respect. Le fait qu'on leur dise, ou pas, que leur travail compte.

Le vrai coût, ce n'est pas la formation. C'est le silence.

Un départ coûte cher — entre une et deux fois le salaire annuel du poste remplacé, jusqu'à 213 % pour un cadre supérieur. Recrutement, onboarding, perte de savoir-faire, équipe démotivée pendant que le poste reste vacant. Face à ça, une journée pour apprendre à donner et recevoir du feedback correctement, c'est un coût dérisoire.

Et pourtant, c'est un sujet que la plupart des entreprises laissent de côté. On forme au tableur, à la prise de parole, à la gestion de projet. Rarement à dire "ton travail est nul" sans détruire quelqu'un, ou à dire "merci" sans que ça sonne creux.

Le feedback, ça s'apprend comme le reste

Donner du feedback est inconfortable des deux côtés. Se taire est plus simple, mais ça se paie en malentendus, en non-dits, et in fine, en démissions. Une culture du feedback qui fonctionne repose sur trois piliers : savoir exprimer sa reconnaissance dans le langage de l'autre (pas dans le sien), savoir formuler un feedback constructif sans juger ni généraliser, et savoir l'écouter — vraiment, sans dégainer son ordinateur.

Ce n'est pas un supplément d'âme RH. C'est un des leviers de rétention les plus rentables qui existent, et l'un des moins coûteux à activer.

Exprimer la reconnaissance : tout le monde ne parle pas la même langue

Inspirés des travaux de Gary Chapman sur les langages de l'amour, il existe 5 langages de la reconnaissance au travail : les paroles valorisantes, les moments d'exception (un temps dédié, sans ordre du jour), les services rendus (anticiper un besoin, alléger une charge), les cadeaux offerts (la personnalisation, pas la valeur) et la conscience de la sphère physique (une poignée de main franche, un high-five mérité).

Le piège classique : on projette son propre langage sur les autres. Celui qui aime être félicité devant toute l'équipe pense bien faire en félicitant son collègue de la même façon — alors que ce collègue, lui, aurait préféré un simple message écrit en tête-à-tête. Exprimer sa reconnaissance, c'est parler le langage de l'autre, pas le sien.

Donner du feedback : les 4 erreurs qui achèvent une conversation avant qu'elle commence

  • Le sandwich : noyer une critique entre deux compliments — l'autre ne retient ni le compliment, ni la critique.
  • Le jugement : "ton travail est nul", sans rien de factuel derrière.
  • Les généralités : "tu ne prépares jamais rien" — un absolu que personne ne peut entendre sans se braquer.
  • Les autres : convoquer l'avis de tiers absents plutôt que son propre ressenti.

La bonne méthode tient en 4 lettres : SBI+E. :

  • Situation : le contexte, précis : "hier, en réunion à 11h",
  • Behaviour : le comportement observé, factuel, sans jugement : "tu m'as interrompu au milieu de mon explication"),
  • Impact (ce qu'on a ressenti : "j'étais frustré, ça m'a fait perdre le fil"),
  • Engage (ouvrir la discussion : "quel est ton ressenti sur cette situation ?").

Cette méthode fonctionne aussi bien pour un feedback difficile que pour exprimer une reconnaissance, un "bien joué" structuré en SBI+E porte toujours plus qu'un compliment lâché en passant.

Trois principes à garder en tête : le feedback se construit, il ne se dit pas à chaud ("si vous ne pouvez pas l'écrire clairement, vous n'êtes pas prêt à le dire") ; il se prépare avec la personne concernée, à un moment et dans un endroit choisis ensemble ; et comme tout muscle, il se travaille, l'inconfort diminue avec la pratique.

Recevoir du feedback : l'art d'écouter plus de 17 secondes

En moyenne, on écoute son interlocuteur 17 secondes avant de l'interrompre pour exposer ses propres idées. L'écoute active se travaille : garder le contact visuel, fermer l'ordinateur, poser des questions ouvertes ("comment ?", "dans quelle mesure ?"), reformuler pour vérifier qu'on a compris, ne jamais couper sauf pour clarifier.

Et pour que le feedback s'installe vraiment dans une équipe, deux réflexes : le MDA (mode d'accompagnement, complété par chaque collaborateur et son manager, à refaire à chaque évolution) et les points hebdomadaires en 1:1, jamais annulés, où le manager parle bien moins que la moitié du temps.

Un bon atelier de feedback, ça se prépare hors du bureau

Ce genre de sujet — inconfortable, personnel, parfois maladroit à aborder — ne se traite pas correctement entre deux réunions, avec un vidéoprojecteur qui rame et Kevin de la compta qui checke ses mails. Il mérite un cadre qui change la conversation : sortir du quotidien pour de vrai, dans un lieu où l'équipe se sent en confiance pour s'exercer, se tromper, recommencer.

L'Aparté Montorgueil, avec son salon modulable et son ambiance d'appartement haussmannien intimiste, est pensé pour ce genre de moment : assez feutré pour un exercice à deux voix sur un feedback difficile, assez vivant pour une restitution de groupe qui ne tombe pas à plat.

Vos équipes méritent mieux qu'un feedback bâclé en fin de réunion. Les meilleures conversations se préparent dans les meilleurs cadres.

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